mardi 21 août 2007

Cinéma


Une fiction sur les persécutions et la déportation des homosexuels pendant la seconde guerre mondiale, de Christian Faure

C’EST un film difficile et rude sur un sujet resté longtemps tabou : les persécutions et la déportation des homosexuels pendant la dernière guerre mondiale. Un film pour comprendre l’incompréhensible.

Tout commence comme une belle histoire de jeunes gens dans la France de Vichy. Jacques (Nicolas Gob) aime Sarah (Louise Monot), qui aime Jean (Jérémie Rénier), qui préfère Philippe (Bruno Todeschini). Jacques et Jean sont frères, le premier fricote avec l’occupant, le second cache la juive Sarah, amie d’enfance, dont la famille a été massacrée. Philippe est résistant et obtient des faux papiers pour ses amis. Promenades à bicyclette, soirées entre amis, des petits riens pour oublier cette foutue guerre.

L’histoire bascule quand Jacques, jaloux, dénonce Jean. Celui-ci est accusé, à tort, d’être l’amant d’un officier de la Wehrmacht. Emprisonné, battu, torturé, il est envoyé dans un camp en Allemagne où les homosexuels, étiquetés êtres asociaux, sont abandonnés aux mains de médecins fous qui les utilisent comme cobayes pour leurs expériences (les scènes de déportation sont difficilement supportables). Poursuivi par la Gestapo, Philippe est abattu. Sarah reste seule avec Jacques, dont elle ignore la trahison.

Les producteurs François Aramburu et Pascal Fontanille ont longuement mûri leur projet. « C’était important d’expliquer aux gens comment ça s’est passé. » Ils se sont beaucoup inspirés de Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel (Calmann-Lévy, 1994), le récit de l’un de ces oubliés qui ont mis plus d’un demi-siècle pour obtenir la reconnaissance de la déportation des « triangles roses ». Ils ont également voulu rappeler que les lois qui ont criminalisé l’homosexualité, promulguées sous Vichy, sont restées en vigueur jusqu’en 1981.

Ce téléfilm réalisé par Christian Faure a été multiprimé au Festival de Luchon 2005 : Prix spécial du jury, Prix du public, meilleur scénario, jeune espoir féminin (Louise Monot), jeune espoir masculin (Nicolas Gob). Jérémie Rénier n’a pas été distingué, on le regrette pour ce magnifique acteur qui porte le film sur ses épaules.

Regarder la bande-annonce du film.

triangles-roses

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